Discours de Mario Faure lors du concert caritatif franco-allemand du 10 novembre 2018

Centenaire 1914-1918

Discours prononcé par Mario FAURE, président de l’UNION-IHEDN

Concert caritatif franco-allemand au bénéfice du Bleuet de France et du SESMA parrainé par l’UNION-IHEDN

« Messe de la délivrance » de Théodore Dubois

par le chœur du Mesnil, le Kreiskantorei et les choristes de la Cathédrale Saint-Louis

10 novembre 2018 – Cathédrale Saint Louis de Versailles

 

Monseigneur,

Monsieur l’abbé Boulle,

Messieurs les Officiers généraux,

Mesdames Messieurs les Elus,

Mesdames Messieurs les Présidentes et Présidents,

Mesdames Messieurs,

Chers Compatriotes de notre grande Patrie, l’Europe,

 

C’est un grand honneur pour moi de prononcer quelques mots en prologue à ce concert. Je remercie Madame Gorse-Combalat de m’en avoir donné la possibilité. En tant que Président d’un ensemble d’associations qui regroupent 10.000 auditeurs de l’Institut des Hautes Etudes de Défense Nationale, j’ai un sentiment très vif de ce que signifie ce centenaire. C’est aussi une émotion profonde pour un homme de ma génération, qui a connu les anciens combattants de la Guerre de 14/18. Ma famille, comme beaucoup d’autres, a eu cinq hommes tués au combat, dont le plus jeune à 18 ans en septembre 1918. Mon beau-père, né sujet du Kayser Wilhelm, a fait toute la guerre comme brancardier avant de rejoindre son vrai pays, le Danemark, puisqu’il était originaire du Schlesswig-Holstein.

Cette Messe de la Délivrance que nous allons écouter a été composée à la fin des hostilités. Cette délivrance est certes celle des territoires et des populations envahies. Elle est aussi et surtout la délivrance de l’horreur absolue pour les survivants. Elle nous autorise à évoquer la douleur infinie de ceux qui sont restés marqués par la violence du conflit et celle des parents, des femmes, des enfants qui ne pourront plus jamais témoigner leur affection au fils, au frère, au mari, au père dont le destin a été brisé par un éclat d’obus, une balle ou la misère physique des combats.

Aujourd’hui, cette délivrance a pris un sens nouveau. Nous sommes, nous les enfants de ceux qui se sont déchirés, délivrés de la haine et de la vengeance. L’immensité des sacrifices exige de nous le pardon réciproque et la compassion. Elle nous a aussi ouvert un nouveau monde, où dans la paix retrouvée s’est développé la conscience que nos destins ne se sépareront plus, que nos deux pays n’ont d’avenir librement consenti qu’ensemble. Que nos frères allemands soient ce soir parmi nous est le signe même de cette réconciliation. Aller de l’avant pour développer et protéger notre patrie commune, cette Europe qui a tant apporté à l’Humanité, est le sens de nos vies et le chemin que nous devons montrer à nos enfants. Que cette intention soit celle qui nous habite pour toujours. Que notre reconnaissance s’exprime ce soir envers ceux qui se sont sacrifier, dans quelque camp que ce soit, pour que nous puissions montrer que le libre arbitre des hommes de bonne volonté peut écrire une Histoire délivrée de toute fatalité.