Auditeur édité : “QUID QUOD, visons le mot juste” de Guirec Doniol, AA33

QUID QUODL’amiral Guirec Doniol auquel les éditions Ardhan doivent tant, notamment pour la qualité rédactionnelle et scientifique des ouvrages qu’elles ont publiés sur l’histoire de l’aéronautique navale, est connu de tous ses amis pour son respect scrupuleux de la langue française et l’agacement qu’il ressent quand elle est trop malmenée. Avec la complicité du commissaire général Arnaud Réglat-Boireau (SR70 IHEDN), son confrère de l’Académie de marine, qui illustre avec humour ce fascicule utile et distrayant, Guirec Doniol nous propose un florilège de mots choisis qui, présentés par paires, se ressemblent souvent mais toujours se distinguent.

ISBN :978-2-953899214 – 5 €

Pour se procurer l’ouvrage, une seule adresse : guirec.doniol@wanadoo.fr

Quelques exemples, pour vous donner envie :

BŒUFS – CHARRUE

Dans le dicton, on ne met pas la charrue avant les bœufs, on met la charrue devant les bœufs. Aux temps heureux (?) qui ont précédé la mécanisation, la charrue était devant le paysan et les bœufs étaient devant la charrue. Seul un paysan dérangé aurait pu envisager de mettre sa charrue devant ses boeufs… Avant est un adverbe de temps, devant est un adverbe de lieu. Les bœufs sont bien devant la charrue et non avant cette charrue.

CÉLÉBRER – COMMÉMORER

On célèbre une fête, un anniversaire. On commémore un événement. Commémorer en appelle à la mémoire et conduit ainsi à se souvenir. C’est ce souvenir qui est alors un devoir, accompli grâce à notre faculté de mémoire. On commémore la prise de la Bastille. On célèbre son deux-centième anniversaire ou son bicentenaire. Si on commémore en 2014 le centenaire de la Première Guerre mondiale, c’est qu’elle a commencé en 1814.

GOULET – GOULOT

L’expression goulot d’étranglement est fautive. Il s’agit d’un goulet d’étranglement, formule au demeurant quelque peu pléonastique.  Ce n’est pas parce que le goulet fait penser à la mer et donc aux marins qu’il faut utiliser goulot, auquel ils ne touchent jamais, comme chacun sait…